Pot de rentrée

On a fait un pot

Comme cette entreprise fête les 20 ans d’existence de sa marque de laitages bio, on trouve cette affiche dans nos rues. Le bio est à la mode car de plus en plus en gens en ont assez de manger de la nourriture industrielle et ont envie d’avoir (ou de retrouver) une alimentation plus « vraie ». Vrai est donc la marque des laitages bio qu’on trouve en grande surface, c’est-à-dire dans les supermarchés.

Alors pour nous rappeler qui ils sont, ils ont imaginé cette publicité, qui joue sur les mots :
– Ils font des pots tous les jours puisque nous achetons tous les jours des pots de yaourt, des pots de fromage blanc, des pots de crème dessert.

– Mais faire un pot, c’est aussi une expression qui signifie qu’on célèbre quelque chose avec ses amis, ses collègues, autour de bonnes choses à boire et à manger. On peut faire un pot pour son anniversaire, pour la naissance d’un enfant, pour son arrivée dans un nouveau poste, pour son départ à la retraite, pour une promotion ou une mutation, un pot de fin d’année, bref, pour tout ce qui mérite qu’on partage un moment particulier avec son entourage.

En cette période de retour des vacances d’été, ce sont les pots de rentrée qui sont d’actualité.
Je vous souhaite une bonne rentrée !

Boisson fraîche

Les citrons
Il fait chaud.
Besoin de se rafraîchir et de se désaltérer.
Besoin de ne rien faire du tout.
Donc piscine, boissons fraîches et paresse au programme.

Voici une pub très estivale et très courte mais qui nous dit des choses sur le français et sur la France !

Cette publicité est ici.

Transcription
– Hum ! Super bonne, ta citronnade ! (1)
– Merci ! C’est moi qui l’ai pas faite. (2)
– Ah bon ? Et tu l’as pas faite comment ?
– Bah j’ai pas pressé de citrons, j’ai pas mis l’eau de source (3) et j’ai pas mis le sucre (4) non plus.
– Non mais tu as dû te lever hyper pas tôt ! (5)
– T’inquiète. (6)

Les citrons déjà pressés pour vous, de l’eau de source et une pointe de sucre (7). Pulco citronnade, la paresse a du bon. (8)

Juste le son:
La citronnade

Des explications :
1. de la citronnade : ce terme a un petit côté ancien. Avant toutes les boissons disponibles aujourd’hui, il y avait de la citronnade et de l’orangeade, mélanges de jus de citron ou d’orange avec de l’eau et du sucre.
2. C’est moi qui l’ai… : normalement, on dit : C’est moi qui l’ai faite. C’est ce à quoi tout le monde s’attend. De plus, comme c’est une phrase orale, il n’y a pas « ne » de la négation. Mais tout d’un coup, on entend la forme négative, ce qui nous fait sourire, d’autant plus qu’elle n’est pas vraiment correcte. (On dit normalement: Ce n’est pas moi qui l’ai faite.) Et on comprend sur quoi est basée cette publicité, tout entière à la forme négative de façon inattendue.
3. J’ai pas mis l’eau de source : la première chose, c’est qu’ils insistent sur le fait que c’est de l’eau très naturelle, pour donner un côté très sain à cette boisson industrielle. La deuxième chose, c’est qu’ils utilisent l’article « l’ », au lieu de dire : j’ai pas mis d’eau de source. Cela donne l’impression qu’il est évident que la boisson est à base d’eau de source. C’est comme si tout le monde connaissait la recette.
4. Le sucre : même remarque que précédemment. (le sucre au lieu de dire : j’ai pas mis de sucre)
5. hyper pas tôt : normalement, on n’emploie jamais hyper avec une forme négative.
6. T’inquiète ! : cette phrase, très orale, est fréquente. Normalement bien sûr, on dit : Ne t’inquiète pas (forme normale) / T’inquiète pas (familier). Mais depuis quelques années, on entend souvent la forme sans la négation, avec la même signification. Donc ce qui est bien fait dans ce dialogue, c’est qu’il y a des négations là où il n’en faut pas habituellement et inversement, elles ont disparu là où il en faudrait!
7. Une pointe de sucre : cette expression permet de donner l’impression qu’il y a très peu de sucre ajouté dans cette boisson, encore une fois pour donner l’idée que cette boisson est saine et comme ce qu’on ferait soi-même, bien qu’elle soit industrielle.
8. La paresse a du bon : Quand on dit de quelque chose que ça a du bon, c’est que c’est positif, que cela a un effet bénéfique. De plus, ici, il y a un jeu sur les mots puisqu’il s’agit d’une boisson, qui est bonne.

Petite remarque sur la conjugaison: il y a des Français qui accordent mal le verbe quand la phrase commence par C’est moi qui… On entend la faute: **C’est moi qui a… Bien sûr, on accorde à la première personne du singulier:
C’est moi qui suis paresseuse. / C’est moi qui irai faire les courses / C’est moi qui voulais arrêter. / C’est moi qui ai soif.
Et à la forme négative: Ce n’est pas moi qui ai fait ça. / Ce n’est pas moi qui dirai le contraire.

Eloge de la paresse, avec l’été et les vacances qui approchent, mais aussi préoccupation pour la santé – et la ligne.(Toutes les publicités pour de la nourriture ou des boissons doivent comporter le message du Ministère de la Santé sur le fait de manger 5 fruits et légumes par jour et sur la nécessité de bouger.)

Cardamome, cannelle, aneth et enfance

Cuisiner

Elle parlait de cuisine avec une telle gourmandise l’autre jour à la radio !
Et à travers la cuisine, elle parlait de son pays natal et de son enfance.
Un petit morceau de Finlande à travers ses mots, à travers des noms de plats inconnus et ça sentait bon les épices dans son restaurant parisien.
Et un accent un peu traînant, proche des accents qu’on entend dans l’est de la France.

Saveurs de la cuisine finlandaise

Transcription :
– On sait pas vraiment d’où on vient finalement, les Finlandais, car on a une langue à part. On a aussi notre sauna. Ici, on dit sauna, hein, mais c’est sauna, voilà. Donc c’est un peu notre hammam. On est un peu comme les Arabes, quoi, du nord, quoi. Beaucoup de cannelle, on utilise de la cardamome, on fait des petits gâteaux avec, du pullat, qui est délicieux, c’est comme un pain au lait, avec de la cardamome. C’est hyper bon ! Moi, je peux pas concevoir de faire des boulettes de viande finlandaises sans mettre le piment de Jamaïque dedans. Ah non, ce serait pas des lihapullat.
Ah, la cloche ! Ça , c’est […]*. Gratin au saumon. En Finlande et en Scandinavie, on utilise énormément de l’aneth (1). On en met partout. Que quand l’été arrive, le printemps, on a des nouvelles pommes de terre (2), c’est comme une fête, hein. Donc c’est des petites pommes de terre et on les fait cuire avec de l’aneth, dans l’eau (3). Puis après qu’on a mangé ça, on est bien, quoi ! C’est de la cuisine qui vous pouponne (4) un peu.
Mes parents sont très gourmands, et ma mère est espagnole. C’est un peu un mélange. Et mon père est finlandais. Et toujours mes parents, entre eux, parlaient qu’est-ce qu’on va manger demain (5). Vous voyez. Ça faisait partie de la famille. Et je trouve que c’est très bien, car je trouve que… Je sais pas, je m’entends pas tellement bien avec des gens qui s’en foutent (6) de la bouffe (7). Je trouve que c’est triste. Mais maintenant, ça m’arrangerait (8) quelqu’un qui s’en fout de manger, comme ça, on reste mince, vous voyez.
– Vous y retournez souvent, en Finlande ?
– Au moins une fois par an. Je vais dans les lieux où j’allais avant, où mon grand-père m’amenait, dans des bons cafés. J’aime bien les vieux cafés à l’ancienne (9). Retrouver des goûts un peu d’enfance, quoi. Perunalebos*, le gâteau à la pomme de terre. C’est un petit gâteau sucré, quoi. Mais ils le font plus maintenant. C’est triste ! Tarte aux myrtilles, car il y a beaucoup de myrtilles en Finlande. Et ça fait partie de l’été, comme les fraises aussi, car les fraises en Finlande sont beaucoup plus rouges que les fraises qu’on trouve ici. C’est comme du sang.

Quelques détails :
1. énormément de : après énormément, il ne faut pas utiliser le, la ou l’. Donc il faut dire Enormément d’aneth. C’est comme Beaucoup d’aneth. Mais on dit bien : J’utilise de l’aneth.
2. Des nouvelles pommes de terre : en cuisine, on dit : Des pommes de terre nouvelles, pour parler des pommes de terre qui viennent d’être récoltées.
3. Dans l’eau : en cuisine, on dit plutôt : On les fait cuire à l’eau.
4. Pouponner : ce verbe signifie qu’on s’occupe d’un bébé avec tendresse et beaucoup d’attention. Donc ici, elle veut dire que cette nourriture vous fait du bien, comme si on vous dorlotait comme un bébé.
5. parlaient… : il vaudrait mieux dire : Ils parlaient de ce qu’on allait manger le lendemain. Ou alors, Ils se demandaient : Qu’est-ce qu’on va manger demain ?
6. S’en foutre de quelque chose : ne pas y attacher d’importance. (très familier)
7. la bouffe : la nourriture (argot)
8. ça m’arrangerait : ce serait bien / mieux pour moi.
9. À l’ancienne : comme autrefois, traditionnel.

L’émission entière est ici, avec ce petit reportage vers la fin.

* Si des lecteurs finnois passent par ici et écoutent leur compatriote, peut-être pourront-ils me donner les mots que je ne sais pas écrire !

Petites douceurs

Petits moelleux crème de marron

Il me restait de la crème de marron car les pots qu’on achète sont un peu gros. J’avais des petits moules que je n’avais jamais essayés. Et j’avais envie de quelque chose de moelleux, avec un petit cœur fondant. On va donc appeler ces petites douceurs toutes simples des Petits moelleux à la crème de marron. Essai réussi !

Voici la recette:
Il faut 250 grammes de crème de marron, 2 œufs, 60 grammes de beurre et 30 grammes de farine. Pas de sucre, la crème de marron suffit.

On allume le four à 180°.
On casse les œufs dans un saladier et on les bat avec un fouet.
On fait fondre le beurre à feu très doux.
Puis on ajoute 200 g de crème de marron aux oeufs, on mélange bien.
Ensuite, on ajoute le beurre fondu et on mélange le tout.
Pour finir, on incorpore la farine et on obtient une jolie pâte bien lisse.
On remplit des petits moules à tartelettes et au milieu, on dépose un tout petit peu de la crème de marron qui reste.
On fait cuire 11 à 12 minutes. Et on démoule tout de suite. J’ai obtenu 22 petits moelleux, parfaits pour grignoter sans se sentir lourd après !

La prochaine fois, je me suis dit que je mettrai au milieu de chaque gâteau un peu de compote de pommes à la place de la crème de marron. Il me semble que ça devrait être bon aussi !

La seule chose, c’est que j’ai utilisé des petits moules souples en silicone (en plaque). C’est efficace. Mais j’espère aussi que c’est respectueux de notre santé.

Automne

Les cèpes

Les champignons sortent, puisque c’est l’automne. Tous ne sont pas comestibles mais ces cèpes sont très appréciés. Et pour qui connaît les bons coins (selon les arbres et l’exposition), ils poussent… comme des champignons !

Voici donc une expression de saison (qu’on retrouve dans d’autres langues) : pousser comme des champignons / comme un champignon.
Elle indique une croissance ou un développement très rapide, comme les champignons après la pluie, en général pour des bâtiments, des villes :
Dans ce quartier, les maisons poussent comme des champignons car de nombreux permis de construire ont été accordés.

Il existe une autre expression, argotique celle-ci, mais qui n’a pas le même sens, et qu’on entend moins qu’avant. (L’argot est soumis aux modes.)
Quand on appuie sur le champignon, cela veut dire qu’on accélère au volant de sa voiture.

Magie, chimie et gourmandise

Gâteau magique

J’aime beaucoup les livres de cuisine. La semaine dernière, j’en ai trouvé un auquel je n’ai pas pu résister. Joli titre, jolie couverture, jolies photos toutes plus appétissantes les unes que les autres et simplicité des recettes : Gâteaux magiques, par Aurélie Desgages. ( 33 recettes-variations, pour moins de 8€ !)
J’avais déjà lu la recette classique sur le blog de cuisine de Laurence que j’aime bien suivre: Plaisir et équilibre. (Tout un programme, qui me convient bien !) Cette histoire de « magie » avait donc retenu mon attention…

Mais bien sûr, ce n’est pas le tout* de rêver devant des recettes. Il faut passer à l’action, passer du futur (Hum, ça a l’air bien bon, je vais faire ça) au présent et produire du concret ! C’est chose faite depuis le weekend dernier. Gâteau confectionné, réussi, testé et totalement approuvé par la famille.

Et effectivement, c’est bien magique : on fait une seule pâte qu’on verse dans un moule et on obtient, après cuisson, sans aucune manipulation spéciale, un gâteau avec une couche de flan onctueux, une couche de crème, et une couche de biscuit léger et moelleux par dessus. Les couches se font toutes seules ! Magique. Enfin presque… Car maintenant, j’ai appris pourquoi ça marche. La cuisine, c’est aussi de la chimie.

Voici donc d’abord la recette. Honnêtement, rien de plus simple.
Puis le pourquoi du comment.
Et quelques avis.
Si après ça, vous ne faites pas ce gâteau…

La recette du gâteau magique à la vanille

Transcription :
Donc voici la recette du gâteau magique à la vanille. Gâteau magique parce que en fait, à la fin de la cuisson, il présente trois couches superposées, alors qu’on a mis une seule et même pâte dans le moule. Donc c’est vrai que ça paraît magique ! Et ça marche !

Pour les ingrédients, il faut :
125 grammes de beurre, 1 gousse de vanille, 4 œufs, 150 g de sucre en poudre, 115 g de farine, 1 cuillerée à soupe d’eau, 50 centilitres de lait et une pincée de sel. Voilà.
Et on pèse bien les ingrédients parce que, comme toujours en pâtisserie, c’est précis. Et si on veut être sûr de réussir (contrairement à d’autres plats en cuisine), pour être sûr de réussir les gâteaux, les pâtisseries, il faut absolument respecter parfaitement les proportions.

– Alors, on allume le four à 150°. (Ou thermostat 5.)
– Pendant ce temps-là, on fait fondre le beurre à feu doux, dans une casserole.
– Par ailleurs, on sépare les blancs des jaunes et dans un saladier, on fouette les jaunes avec le sucre.
– Ensuite, dans ces jaunes, on verse le beurre fondu.
– On ajoute les graines de vanille qu’on a sorties de la gousse de vanille. (Il faut fendre la vanille, la gousse de vanille en deux et gratter l’intérieur avec un couteau ou une petite cuillère.)
– Ensuite on ajoute la farine.
– Puis l’eau et le lait.
– Et on mélange bien tout ça au fur et à mesure, et ça fait une pâte qui ressemble un peu à une pâte à crêpes, liquide, en fait, plutôt liquide.
– Par ailleurs, on met la pincée de sel dans les blancs et on monte les blancs en neige très ferme, à l’aide d’un batteur électrique ou d’un robot. Et on ajoute les blancs dans la préparation. Alors, contrairement à d’habitude, on n’essaie pas d’incorporer parfaitement les blancs. On les ajoute et on laisse des morceaux. Donc ça fait une pâte un petit peu grossière, liquide, avec les blancs qui surnagent, qui flottent.
– Ensuite, on verse la préparation dans un moule, un moule assez haut et pas trop grand, pour qu’il puisse y avoir assez d’épaisseur ne fait, pour qu’il y ait bien les trois couches. Donc le moule, on peut le beurrer, ou alors, on met du papier de… papier cuisson, du papier sulfurisé au fond.
– Et donc on verse la préparation dans le moule et on met au four pendant 50 minutes à 1 heure.(50 minutes si le four est à chaleur tournante et 1 heure si le four est… traditionnel, disons.)
– Ensuite on sort le gâteau au bout du temps de cuisson et on laisse refroidir. Et on met au réfrigérateur au moins 3 heures.

Et ensuite, quand on va couper le gâteau, on verra apparaître les différentes couches. Et ensuite, bah le gâteau, on le conserve au réfrigérateur, s’il n’est pas mangé d’un coup ! Et ça ressemble un petit peu à un flan, avec une génoise par dessus. Et c’est vraiment très réussi.

Comment ça marche :

Le gâteau magique expliqué

Transcription
Un, deux, trois. Vous avez trois textures. Quand vous mettez cette pâte dans votre four, dans votre moule, vous avez une séparation naturelle des ingrédients, par densité, par leur poids, si vous voulez. Au fond, on a de la farine qui va gonfler en chauffant, comme vous avez des particules d’eau, ça va faire un flan. Au milieu, on va avoir le lait, les œufs, le sucre, et ça, ça va faire une texture crème prise, juste prise d’ailleurs, comme ça, ça va rester bien tendre. En haut, on a la matière grasse qui est très légère, avec les blancs en neige montés, un peu de farine. Et ça, ça va faire une texture un peu génoise. D’où les 1, 2, 3 couches. Ce sont les blancs en neige mal mélangés qui remontent à la surface. Et la cuisson très lente, 50 minutes, laisse le temps aux ingrédients de se séparer en fonction de leur densité.
Gâteau magique vanille
– Ça, c’est bon ! C’est bon, ça ! Là, c’est crémeux comme la crème pâtissière. Là, c’est le biscuit et là, c’est un peu plus…
– Plus dur.
– Comme le flan.
– Ouais. C’est ça.
– Non, franchement, c’est pas mal ! Moi, j’aime beaucoup.
– Ouais. C’est surprenant en fait.
– Ça a un côté fondant, là. La génoise aussi. Non, franchement, c’est bon !
– Franchement ouais. La consistance est agréable. C’est un peu comme une… une sorte de mousse. Non, c’est… c’est très bon ! Ouais.
– Entre île flottante et meringue dans… dans la bouche. C’est assez… C’est assez surprenant.

* Ce n’est pas le tout : ça ne suffit pas. (familier)