C’est un choix

Courses et cuisine

Passer le moins de temps possible à faire les courses ? Et donc aller au supermarché afin de tout trouver au même endroit ?
Passer le moins de temps possible à cuisiner ? Et donc acheter essentiellement des plats tout prêts, des conserves, des surgelés afin de ne pas avoir à réellement préparer ce qu’on met dans son assiette ?

Chacun a sa propre façon d’aborder la question.
Chacun a ses priorités, en fonction de son budget, de son temps, de ses goûts, de son âge, de son éducation, des traditions familiales.
C’est aussi une question de partage des tâches domestiques !

les courses de Patrick Viméo
Pour aller faire les courses avec Patrick et Christine dans leur quartier à Paris, chez le boucher, le pâtissier et au marché, voici cette petite vidéo:

Transcription :
– Je m’organise avec ma femme, là.
– Ouais, ouais.
– Il y a du collier d’agneau (1). Je prends du collier ou pas ?… Si, si (2), il y en a. Filet mignon (3), alors.
– Il y a une liste. Il y a une pré-liste si tu veux, et Patrick me téléphone pour me dire ce qu’il a acheté comme viande et en fonction de (4) ce qu’il a acheté comme viande, j’achète les légumes. Voilà.

– Alors, à qui le tour (5) ? Bonjour.
– C’est à moi. Bonjour. Alors, je voudrais trois kilos d’oranges pour faire du jus. Merci. C’est parfait.

– A la base, l’organisation, c’est parce qu’on a des commerçants (6)… certains commerçants à certains endroits, d’autres commerçants à d’autres endroits.
– Je peux pas acheter la viande sur le marché (7), par exemple. C’est pas terrible (8).
– Je dirais pas que c’est le meilleur boucher de Paris mais il travaille très bien et il a de la très bonne viande. Et il est pas loin de la maison, donc on en profite (9). Bouche à oreille (10), chez les commerçants. Justement tu leur dis : « Vous, vous allez où ? » Donc tu fais un essai. Et c’est comme ça que tu arrives à trouver des bons commerçants, quoi.

– J’ai quatre variétés. J’ai de la Lisbonne, Conférence, la Beurré Hardy et la Williams (11).
– Mettez (12) quatre Conférence … Ouais, quatre Conférence.

Par rapport à la grande surface (13), c’est que tu as un conseil (14) par rapport à ce que tu achètes, tu vois. Bon, même si tu as du fromage à la découpe (15) en grande surface, tu as pas forcément la connaissance du produit que… que la personne vend. C’est un employé, on lui dit : « Tu vends ça. » Il est pas forcément fromager de formation (16). Donc il te donne ce que tu lui demandes, en terme de (17) quantité, mais en terme de qualité de produit, il est pas forcément à même (18) de te conseiller comme tu peux être conseillé là.

A Paris, tu peux trouver dans tous les quartiers (19) des bons commerçants. Moi, je me souviens dans le 17è … bon, j’étais… c’est vrai que ça remonte un petit peu à loin (20), mais il y avait un excellent boucher qui faisait venir des veaux de Corrèze (21), donc les veaux sous la mère de Corrèze, déjà quand j’étais tout gamin (22) à Paris. A côté de Bastille… de République, je veux dire, il y avait un marché où il y avait aussi de très bons produits frais. Pareil, j’avais fait le tour (23) un petit peu et j’avais fini par trouver des… des bons commerçants, hein.

La pâtisserie, c’est le petit plaisir du weekend. Petit plaisir du weekend, avec un petit gâteau… un petit gâteau pour le repas du samedi soir.

Des explications :
1. le collier d’agneau : ce sont les morceaux au niveau du cou de l’agneau. Il faut faire mijoter cette viande. Pour apprendre à connaître tous ces termes bouchers, si vous êtes plutôt carnivore, cliquez ici. Vous saurez quoi choisir si vous faites vos courses en France !
2. Si, si : c’est la réponse qu’on fait à une question négative. Voici ce que sa femme a dû lui demander : Il n’y a pas de filet mignon ? / Et du filet mignon ? Il n’y en a pas ?
3. Un filet mignon : c’est un morceau de porc ou de veau, bien tendre.
4. En fonction de la viande qu’il a achetée : selon la viande… Ils marient donc bien sûr légumes et viande.
5. A qui le tour ? : c’est ainsi que les commerçants demandent qui ils doivent servir, dans quel ordre. Parfois, ce n’est pas très clair, notamment au marché où les gens font souvent la queue de façon pas très organisée. Et on répond donc : C’est à moi. Si ce n’est pas notre tour, on indique à qui c’est : C’est à ce monsieur / C’est à cette dame.
A Marseille, on entend souvent une question synonyme : Ça vient à qui ? Et on répond : ça vient à moi.
6. Les commerçants : quand on utilise ce mot, c’est qu’on veut parler des petits commerces.
7. Sur le marché : on peut dire aussi (plus souvent) : au marché. Par exemple: Je fais mes courses au marché. / Je trouve ma viande au marché.
8. C’est pas terrible : ce n’est pas vraiment bien. / La viande n’est pas très bonne. (C’est une remarque négative)
9. on en profite : cette expression montre qu’on a conscience qu’on a un avantage, qu’on est dans une situation favorable. Par exemple : Il fait beau. On en profite ! La semaine prochaine, ils annoncent du froid. / Il y a des prix intéressants dans ce magasin aujourd’hui. Il faut en profiter.
10. Le bouche à oreille : c’est lorsque des infos, des nouvelles se propagent parce que les gens en parlent aux autres, sans passer par des journaux officiels, par exemple. Les gens se transmettent ça directement, par les réseaux sociaux par exemple.
11. Conférence, Beurré Hardy, etc… : Ce sont quelques unes des variétés de poires.
12. Mettez quatre poires : on peut dire aussi : Mettez-moi 4 poires. / Je vais prendre 4 poires.
13. Une grande surface : c’est un supermarché ou un hypermarché, par opposition aux petits commerces. On dit par exemple: Il font leurs courses en grande surface. / Les grandes surfaces n’ont pas le droit d’ouvrir le dimanche.
14. Tu as un conseil : on peut dire aussi : Tu as des conseils. Au singulier, ici, c’est le moyen de généraliser, pour parler de la fonction de conseil en quelque sorte.
15. Du fromage à la découpe: on dit plus souvent du fromage à la coupe : cela signifie que le fromage est coupé devant vous, par opposition au fromage pré-emballé par les entreprises qui les vendent.
16. Être fromager de formation : avoir été formé à ce métier spécifique et donc avoir des compétences précises dans ce domaine.
17. En terme de = en ce qui concerne
18. être à même de faire quelque chose : être capable de faire quelque chose / avoir la possibilité de faire quelque chose. Par exemple : Il s’y connaît en informatique. Il sera à même de t’aider à acheter un nouvel ordinateur.
19. Les quartiers : ce sont les différents endroits dans une ville, avec leurs caractéristiques propres. Pour les désigner à Paris par exemple, on utilise le numéro de l’arrondissement (le 17è par exemple) ou leur nom. Par exemple, on dit : J’habite à Nation / à République, etc… / Je travaille dans le 17è.
20. Ça remonte à loin : c’était il y a longtemps. On peut dire aussi par exemple : ça remonte à l’année dernière / ça remonte à longtemps / ça remonte à il y a dix ans.
21. La Corrèze : c’est un département rural du centre de la Fance, où il y a des agriculteurs et des éleveurs.
22. Un veau sous la mère : c’est un veau qui est resté avec sa mère et a été nourri à son lait, et non pas avec des aliments industriels. La viande est donc meilleure.
23. Quand j’étais tout gamin : quand j’étais encore tout petit, quand j’étais enfant.
24. Faire le tour : c’est explorer un lieu. Ici, cela signifie qu’il avait fait le tour des commerçants, qu’il était allé dans différents commerces pour comparer leurs produits.

Pour entrer dans d’autres vies quotidiennes, toutes les vidéos sont ici :
portraits, façon de faire les courses et de cuisiner.
Tous les âges et des styles de vie variés.
Je vais en explorer d’autres et partagerai avec vous celles qui m’accrochent !

Vous pouvez aussi écouter Romain sur France Bienvenue.
Il a une autre méthode pour ses courses.

Dans nos frigos français

En ce moment, il y a une campagne de sensibilisation au problème du gaspillage alimentaire, ce mauvais luxe des pays qui souffrent d’abondance, quand le reste de la planète a faim. C’est l’occasion de faire connaissance avec des Français qui représentent des types de comportements variés dans ce domaine.
Vie quotidienne, habitudes, traditions familiales et façons de parler: cette exploration de nos frigos est parfaite pour tous ceux qui s’intéressent à nous et à notre langue !
(Le frigo, c’est le frigidaire, ou le réfrigérateur.)

Frigo à nu
Toutes les vidéos sont ici.

Et voici l’un des portraits, celui de Christine et Patrick:cliquez sur l’image.
(La suite, demain: ils nous emmèneront faire les courses avec eux.)
christine et patrick1

Transcription :
(Pas beau ! Il est pas beau !)
– Ma femme et moi, on a quand même eu de… des parents qui cuisinaient, qui nous ont appris à cuisiner, qui nous ont appris à aimer les bonnes choses (1). Et du coup, si tu veux, bah c’est quelque chose qu’on a … qu’on a transmis aussi à nos enfants pour la bonne cause (2), c’est que… pour la bonne raison (3), c’est que Mathieu est cuisinier et il a été élevé dans la recherche du bon produit, de bien le préparer, de bien manger.
– Ouais, je suis née à Saint Jean de Luz (4) en plus, et si tu veux, j’ai… ouais, c’était un port de pêche à l’époque (5) et…
– Et puis ta maman, poissonnière, ton frère, poissonnier.
– Oui.
– Alors moi, je suis formatrice (6) en soins infirmiers.
– Et moi, je suis informaticien.
– Donc on est à 20 minutes de notre travail. Donc en fait, on n’a pas de transports, nous. Donc… Enfin, pas de transports… (7), pratiquement pas (8) de transports. Donc si tu veux (9), c’est aussi pour ça que… que j’ai du temps parce que je serais* une heure et demie dans le train, c’est sûr que cette heure et demie-là, je l’aurais* pas pour faire à manger.
– C’est… C’est une qualité de vie.
– Ça, c’est vrai que c’est un point important, pour avoir le temps de faire à manger.
– C’est un choix, tout à fait (10). C’est-à-dire qu’on a fait le choix de dépenser de l’argent dans des bons produits et puis de… d’acheter moins de choses par ailleurs (11), de… style (12) des vêtements. Enfin les vêtements, c’est vraiment quand on en a besoin, mais c’est pas… On va pas s’acheter des fringues (13) tous les weekends. On préfère… ouais, on préfère bien manger, des bons produits et puis les cuisiner nous-mêmes. C’est un choix de vie, absolument , ouais, ouais. C’est sûr !

– Ça fait quel âge, ça ? Regarde, combien il y a de bougies ?
– Deux ans et demi.
– Deux ans et demi. Non. Il y a combien de bougies là ? Regarde.
– Une…
– Deux…
– Trois, et…

Des explications :
1. les bonnes choses : pour un Français, cela signifie forcément des bonnes choses à manger et à boire.
2. Pour la bonne cause : ce n’est pas l’expression qu’il voulait employer en fait, car cela signifie qu’on fait quelque chose avec un but qui est noble, louable.
3. Pour la bonne raison : en fait, il s’est corrigé. Il voulait en fait donner la preuve de ce qu’il a dit juste avant, c’est-à-dire qu’ils ont transmis à leur fils leurs valeurs en ce qui concerne l’alimentation.
4. Saint Jean de Luz : c’est une ville du Pays Basque français, sur la côté atlantique, tout près de la frontière espagnole. On y pêche beaucoup. Il y avait beaucoup de marins pêcheurs, notamment des thoniers.
5. À l’époque : on utilise cette expression pour désigner une période passée. Ici, elle veut parler de l’époque de son enfance.
6. Un formateur / une formatrice : c’est quelqu’un qui forme les autres à des techniques, à un métier, quelqu’un qui leur permet donc d’acquérir des compétences professionnelles.
7. Enfin… : elle se corrige. Ce « enfin », comme souvent à l’oral, sert à nuancer ce qu’on vient juste de dire. (Et très souvent, ce mot est dit très rapidement. On entend souvent juste quelque chose comme : ‘fin)
8. pratiquement pas = presque pas
9. si tu veux : dans cette expression orale, le verbe « vouloir » n’a plus son sens premier. C’est juste une façon de prendre à témoin la personne qui nous écoute.
10. Tout à fait : on utilise cette expression quand on veut montrer qu’on est tout à fait d’accord avec ce qui a été dit, pour approuver quelque chose.
11. Par ailleurs : dans d’autres domaines
12. style.. : à l’oral, cela sert à introduire un exemple. Donc c’est synonyme de « comme par exemple… »
13. des fringues : des vêtements (familier)

* Une remarque sur les temps et la conjugaison:
Je serais une heure et demie dans le train, j’aurais pas cette heure et demie pour faire à manger:
elle imagine ce que serait la situation si elle avait un long trajet pour aller travailler.
Normalement, on dit :
Si j’étais une heure et demie dans les transports, je n’aurais pas cette heure-là pour cuisiner, avec l’imparfait et le conditionnel présent. C’est ce que vous avez dû apprendre.

Mais oralement, on fait très souvent ça : on n’utilise pas « Si… »
A la place, on conjugue les deux verbes au conditionnel.

=> Si j’étais (imparfait) à ta place, je ne ferais (conditionnel présent) pas comme ça.
= Je serais (conditionnel présent) à ta place, je ne ferais pas comme ça.

=> Si j’avais plus de temps, je courrais moins toute la journée.
= J’aurais plus de temps, je courrais moins.