Comment ça se fait ?

Pourquoi ? Comment ? On s’en pose des questions ! La vie n’est pas toujours simple, les relations avec les autres sont parfois compliquées. Alors voici comment, avec le verbe se faire, nous exprimons souvent notre incompréhension.
Un verbe très ordinaire, mais qui n’a plus son sens habituel, pour une expression très fréquemment employée. Simple surprise ou réelle incompréhension, qui peut même virer à l’agacement selon la situation:

Il y a la version très « correcte », avec son inversion sujet-verbe, qui donne du poids à la question. Et le subjonctif qui suit :
Comment se fait-il que personne n’ait rien vu ? = c’est difficile de comprendre pourquoi personne n’a rien vu, c’est difficile à admettre.
Comment se fait-il que vous ne m’ayez pas prévenu(e) ? = Pourquoi ne m’avez-vous pas averti(e) ? Ce n’est pas normal !
Comment se fait-il que tu n’aies pas encore fini ? = Je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas fini, avec tout le temps que tu avais.
Comment se fait-il qu’ils continuent à se tromper ! Avec tous les exercices qu’on a faits !

Et voici la version plus familière :
Je n’ai plus de nouvelles d’eux. Je ne sais pas comment ça se fait. = Je suis surprise ou bien je ne comprends pas du tout.
Je n’arrive pas à me connecter. Comment ça se fait ? Tu as une idée ?
Il fait vraiment froid dans cette salle ! Comment ça se fait ? = Qu’est-ce qui se passe ?

Comment ça se fait

Tiens, il y a comme des bulles de lumière derrière mes fougères ! Comment ça se fait ? 😉
Ce n’est pas la même chose de demander : Comment on fait pour qu’il y ait ces ronds de lumière ?, question qui interroge sur le moyen d’obtenir ces effets.

Dernière minute ! Pour une mise en pratique immédiate sur le terrain, lisez l’article qui suit celui-ci.

A quoi bon ?

C’est dans l’air du temps : ne pas polluer, respecter la planète.
Alors, publicitaires et entreprises adaptent leur messages et adoptent ce discours, pour continuer à vendre.
Ils jouent la carte de la sécurité de leurs produits, qu’on espère effectivement plus « propres », moins nocifs pour notre environnement et nous-mêmes.

Parce que sinon, c’est sûr, A quoi bon?
Cette expression signifie toujours qu’on se demande à quoi ça sert.

A quoi cela sert-il de nettoyer sa maison de fond en comble si les produits qu’on nous vend pour ça sont dangereux pour l’air, l’eau, la terre ? Il paraît que l’intérieur de nos maisons est très pollué. Tant mieux si cela change !

Dans d’autres contextes, cette expression, qui pose toujours la question de l’utilité et du sens de nos actions, apparaît dans la bouche de ceux qui se disent et nous disent qu’on ne pourra rien changer : les défaitistes. Les à-quoi-bonistes ou aquoibonistes.
Elle exprime le découragement, un sentiment d’impuissance.
Elle est souvent un alibi pour ne rien tenter. Dire A quoi bon, c’est avoir renoncé, pour toutes sortes de raisons.
C’est baisser les bras.

Dans d’autres situations, elle peut aussi exprimer la position de ceux qui ne veulent pas créer davantage de problèmes:
A quoi bon remuer toutes ces vieilles histoires de famille ?
– A quoi bon revenir là-dessus ? Nous ne serons jamais d’accord.

Et ces derniers jours, ce terme, aquoibonisme, est revenu en force dans les médias français, à propos des femmes qui se sont longtemps dit :
A quoi bon porter plainte contre le harcèlement masculin, contre les viols, contre les violences conjugales ? A quoi bon ?
Adèle Haenel, l’actrice qu’on a vue dans Portrait de la jeune fille en feu, magnifique Héloïse, a cessé, il y a quelques jours, de se dire : A quoi bon ?

Allez, sur une note plus légère, j’espère en tout cas que vous ne vous direz jamais :
A quoi bon continuer à apprendre le français ! C’est trop difficile. C’est trop long. Je n’y arriverai jamais.
L’ampleur de la tâche peut parfois sembler trop grande, c’est certain, mais on avance tous les jours quand on apprend une autre langue, tranquillement, patiemment, et c’est passionnant !

A bientôt