En mai 2018

Je ne suis pas très en avance pour revenir sur le mois de mai écoulé !
Du travail, des piles de copies à corriger, d’autres activités, et voilà le mois de juin déjà bien entamé.
Voici donc mon enregistrement du mois, avec d’abord des photos qui vous feront sans doute deviner ce dont je vous parle aujourd’hui.

Où il est d’abord question de ça :


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Puis d’un sujet plus positif !



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Mai 2018

Transcription
Bonjour. Alors, pour faire un petit point sur le mois de mai, en fait, je voulais vous parler d’un problème qu’on rencontre de plus en plus dans les études, en tant que prof et bien sûr pour les étudiants aussi, c’est le problème de la fraude aux examens, aux tests, qui a tendance vraiment à se généraliser, et ça devient, comme on dit, un sport national (1) en France, c’est-à-dire que de plus en plus d’élèves, d’étudiants trichent et… pour avoir des résultats, pour avoir des résultats corrects, alors, peut-être parce que la France attache une très grande importance aux notes, mais parce que aussi, voilà, certains étudiants, au lieu de mettre beaucoup d’énergie à apprendre, s’entraîner, travailler, se préparer à faire des… certains exercices, résoudre des problèmes et autres, ont tendance à essayer de tricher avec des documents, des choses comme ça et ça devient, à mon avis, quand même un peu critique (2). Alors, il y a toutes sortes de fraudes. Et on a aussi bien ça… Alors, à l’école primaire, je ne sais pas très bien, mais en tout cas, au collège, au lycée, les collègues qui enseignent dans… à ces niveaux-là se plaignent vraiment de plus en plus. Et pour nous, à l’université, bah c’est la même chose, c’est-à-dire que bon, il y a les bonnes méthodes traditionnelles, c’est-à-dire des bonnes vieilles antisèches, des documents, des petits papiers, des choses comme ça, sur lesquels on a écrit des formules, sur lesquels on a écrit, je sais pas, des notions à connaître, du vocabulaire à avoir, des choses comme ça, et puis qu’on essaie de sortir pendant le test, et donc bah ça s’appelle des antisèches – donc ça, c’est très classique. Ça peut être donc sur papier mais aujourd’hui, ça peut être évidemment sur son téléphone, hein, le téléphone portable qu’on a toujours avec soi et sur lequel on peut… enfin… entrer certaines informations qui pourraient être utiles. Evidemment, avec les téléphones, on peut aussi essayer de se connecter sur des sites internet qui vont, je sais pas, donner des… oui, des renseignements, des choses comme ça pendant un test. Ou photographier avec son téléphone ce qu’on a fait et envoyer ça par sms à son voisin qui est un petit peu plus loin, qui normalement est isolé, coupé un petit peu physiquement de son voisin, mais qui grâce à un petit sms et une photo bien pratiques, peut voir ce qu’a écrit son camarade, un résultat de maths, quelque chose, un calcul, enfin, voilà, et donc s’appuyer là-dessus. Donc c’est assez compliqué. Bon, il y a aussi les montres connectées, bien sûr, de plus en plus. Et puis, bah oui, je suppose que la technologie va continuer à évoluer et ils auront finalement accès à plein, plein de choses, très facilement. Et c’est vrai qu’il y a des tests sur lesquels, bon, ça n’est pas uniquement du raisonnement. Ça ne peut pas être que ça. D’ailleurs, si ça n’était que du raisonnement, certains étudiants auraient de très mauvaises notes. Donc il faut bien qu’il y ait aussi quand même ce qu’on appelle, nous, un contrôle des connaissances, c’est-à-dire un certain nombre de choses qui doivent être assimilées pour ne pas avoir à les chercher sans arrêt quand on veut résoudre certains problèmes. Donc les étudiants français et les élèves français sont absolument champions de ce genre de choses, alors qu’en fait, on leur donne des tests qui ne sont pas des pièges et sur lesquels moi, je leur donne les questions sur lesquelles ils vont avoir à travailler. Et ça n’est pas très compliqué, enfin je veux dire, il y a pas de pièges, il y a rien ! Donc si on travaille et qu’ on a une mémoire correcte et un sens du raisonnement correct et qu’on a fait tout ce qu’il fallait avant en cours, chez soi et puis en travaillant avec des camarades avant, il y a vraiment aucun problème. Mais certains, je sais pas, c’est presque une seconde nature (3) ! Le problème, c’est qu’ils arrivent à l’université et ils continuent à faire ce qu’ils ont fait au collège et au lycée et bah, ça n’est pas admissible (4), évidemment, nulle part. Mais nous, on est confrontés là à un problème qu’on n’avait pas trop, trop avant et qui est de plus en plus flagrant (5). Alors, d’autant plus que souvent, on surveille des groupes assez importants, parce que on a le même test pour toute une promo (6). Donc ça peut être une centaine d’étudiants dans une grande salle de tests, et c’est très, très compliqué de les surveiller. Ça veut dire qu’il faut les surveiller comme le lait sur le feu (7), parce qu’ils ont très vite fait de s’échanger des informations ou de regarder quelque chose sur le téléphone qu’on a caché sous sa… enfin je sais pas sur sa chaise, enfin bon, il y a… Tout est possible ! Il faut vraiment être très, très vigilant et c’est épuisant. Puis c’est pénible (8) parce que c’est un… comment dire ? On finit par douter de beaucoup d’étudiants, en se demandant : « Mais ils ont réussi, mais est-ce que c’est vraiment quelque chose qu’ils… enfin, qu’ils savent faire, ou pas ? » Et le problème, c’est qu’ensuite, par exemple, nos étudiants partent en stage et quand ils arrivent en stage en entreprise, on ne peut pas tricher : soit on sait faire, soit on sait pas faire. Il y a un certain nombre de choses, quand on est dans le monde professionnel, voilà, on sait se débrouiller, on a appris des choses et on est capable avec l’aide d’un tuteur en entreprise, de résoudre des problèmes, de faire face à des situations concrètes et on a des tuteurs d’entreprise qui nous disent : « Mais qu’est-ce qu’ils ont appris ? Qu’est-ce qu’ils font ? » Donc voilà, ça devient quand même un petit peu sportif (9) Et puis, pour certains, encouragés par certains adultes, il faut bien le dire (10), ou par leurs parents, estiment que : « Ah, c’est une faute de jeunesse. » Bon, nos étudiants ont quand même dix-neuf, vingt ans, vingt-et-un ans, ce ne sont pas des gamins, ils sont pas irresponsables, ils sont adultes, ils sont majeurs (11), donc vous voyez un petit peu le problème. Et puis c’est surtout quand même très, très décevant de voir qu’on travaille en confiance avec eux, on n’est pas là pour les coincer, on n’est pas là pour les piéger, on est là pour les amener à faire le mieux possible ce qu’ils peuvent faire et les emmener vers leur carrière et leur ouvrir des portes. Et en ce sens, on est vraiment… comment dire… On a une mission à remplir et on y croit tous. Quand on s’aperçoit que finalement, on est en quelque sorte… enfin, trompés, sur tout ça, c’est très, très décevant et très attristant. Donc heureusement, il y a des étudiants qui sont tout à fait normaux, entre guillemets, c’est-à-dire des étudiants qui font le travail, qui ont envie d’avancer, qui apprennent, qui savent que par moment, c’est difficile, que par moment, c’est plus facile mais que avec du travail, avec l’aide de leurs enseignants, ils y arrivent. Heureusement qu’on a des étudiants comme ça mais j’avoue que, en France, il y a un problème de ce côté-là, un problème moral aussi de… Certains ne voient pas quel est le problème : Tout le monde le fait, alors on le fait. Et pourquoi on serait plus bête (12) que tout le monde ? Et ensuite, le deuxième problème, c’est que, quand certains étudiants, évidemment, ils savent que d’autres trichent, mais le problème, c’est que évidemment, ils ne vont pas dénoncer leurs camarades, parce que ça s’appelle de la délation, et il y a une espèce de pression sur eux pour en quelque sorte les empêcher de dénoncer. Et ça, c’est quand même très dommageable parce que certains en souffrent beaucoup, parce qu’ils se sentent complices de certaines choses et c’est une drôle de mentalité, quoi ! C’est… On est complice, on couvre tout ça parce que sinon, on est considéré comme une balance (13). Et une balance, voilà, c’est pas correct et tout. Mais bon, qu’est-ce qui n’est pas correct ? C ‘est de tricher, c’est de faire des choses moralement répréhensibles, et pour certains, non, le problème ne commence pas à la base, le problème commence après : « Ah, il faut pas dénoncer les camarades qui font ça. » Voilà.
Sinon, pour parler de choses plus positives, j’ai découvert très récemment, dans mon quartier qu’il y avait un endroit où on pouvait déposer des livres et à la place, en prendre d’autres. Ça n’est pas une bibliothèque, c’est… voilà, sans intermédiaires du tout. On dépose des livres, on en emprunte et puis, c’est gratuit. Et je ne savais pas qu’il y avait ça dans mon quartier. J’avais déjà vu ça ailleurs. Ce que j’avais remarqué, c’est que, en fait, très souvent, c’était des livres que personne n’a envie de lire ! Des livres aussi très abîmés, donc, bon, ça fait pas très envie. Et là, j’ai été agréablement surprise parce que justement ce sont des livres… c’était des livres bien et puis en bon état, donc voilà, j’en ai emprunté deux. Je les rapporterai je pense, et puis j’en mettrai d’autres. J’ai trouvé ça plutôt sympa. En fait, moi, j’en ai donné beaucoup, de livres, parce que je voulais un petit peu…. disons, faire de la place à la maison, oui, et aussi parce que je me suis rendu compte qu’en fait, les livres finalement, ça ne vieillit pas très bien et que au bout de quelques années, ils sont tout jaunis, la couverture se décolle. Donc finalement, on garde des livres et puis après, bah qu’est-ce qu’on en fait ? Ils sont… Oui, on peut les relire mais ils sont tellement abimés que autant les faire circuler (14) le plus vite possible, je pense. J’en ai donné donc un certain nombre dans une petite bibliothèque de village, une bibliothèque qui est basée sur le volontariat, c’est-à-dire que bon, il y a un fonds de livres qui est prêté par la bibliothèque centrale du département et puis ensuite, il y a des gens qui donnent des livres. Et puis ce sont des bénévoles qui assurent quelques matinées de permanence pour accueillir les lecteurs, qui sont donc bénévoles, pas payés. Du coup, j’ai donné un certain nombre… j’ai fait du tri à la maison et j’ai donné un certain nombre de livres qui me paraissaient bien. J’ai pas donné ceux que j’aime vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup ! J’en ai gardé quand même quelques-uns qui sont des livres, disons, fondamentaux pour moi en quelque sorte, dont j’ai du mal à me séparer. Mais pour beaucoup d’autres que j’ai lus, avec lesquels j’ai passé un bon moment, voilà, je me suis dit : Autant les mettre à disposition d’autres personnes. Et bon, bah ils étaient très contents dans cette bibliothèque et bah, je les ai vus donc dans les rayons, exposés sur des tables et voilà, ça, c’était plutôt sympa. Voilà, donc évidemment, tout ça, c’est possible avec des livres papier et… C’est pour ça que j’ai quand même un petit faible (15)… Enfin, je reviens toujours aux livres papier parce que on peut… on peut les prêter. Et quand on était enfants, on se prêtait beaucoup les livres et moi, j’aimais beaucoup ça, enfin, prêter les livres, s’en faire prêter. Et là, c’est un petit peu la même chose, donc on retrouve cette idée qu’on fait circuler ces… les choses qu’on a aimées et je trouve ça vraiment bien. Donc voilà pour le mois de mai, bah écoutez, je vais vous laisser et je vous dis à la prochaine fois. Et si vous avez envie de me laisser quelques commentaires, n’hésitez pas. Ou vos réactions, ou des suggestions, des idées, n’hésitez pas. Je vous dis à bientôt.

Quelques explications :
1. c’est un sport national : cette expression indique qu’une pratique est généralisée. Il y a une nuance péjorative car il s’agit d’une pratique plutôt critiquable.
2. Ça devient critique : on est à la limite de ce qui est acceptable ou supportable.
3. C’est une seconde nature : on utilise cette expression lorsque quelqu’un a tellement l’habitude de faire quelque chose que c’est comme si cela le définissait. Cette personne fait quelque chose sans se poser de questions, c’est naturel pour elle. (Cela peut être une habitude positive ou négative.)
4. admissible : acceptable.
5. Flagrant : évident
6. une promo : c’est l’abréviation (familière) de promotion. Une promotion, à l’université, ce sont tous les étudiants qui sont dans la même année. Par exemple, on parle de la promo de 1ère année, ou de la promo 2017. On dit aussi : Cette année, on a une bonne promo.
7. Surveiller quelqu’un comme le lait sur le feu : cette expression indique qu’il faut surveiller de très près quelqu’un ou quelque chose, comme lorsqu’on fait bouillir du lait dans une casserole : il arrive un moment où il monte et où il déborde très rapidement. Il faut donc être très vigilant.
8. C’est pénible : c’est vraiment désagréable
9. ça devient sportif : ça devient assez difficile. (expression familière).
10. il faut bien le dire : on est bien obligé de le dire, de le reconnaître, malheureusement.
11. Être majeur : avoir atteint ses 18 ans, qui est l’âge de la majorité.
12. Être bête : être stupide, idiot
13. être une balance : dans le milieu des truands, c’est quelqu’un qui dénonce ses anciens complices à la police.
14. Autant faire quelque chose = il vaut mieux faire ça
15. avoir un faible pour quelque chose (ou quelqu’un) : vraiment bien aimer quelque chose ou quelqu’un. Par exemple : J’ai un faible pour le chocolat. / Il n’est pas très objectif, il a un faible pour elle.

Voici les principes affichés pour l’utilisation de cette drôle d’étagère de rue :

Et un petit extrait de la marche à suivre avec les étudiants fraudeurs.
Les sanctions vont d’un simple avertissement à une exclusion de notre université ou, encore plus grave, de toutes les universités pour une durée de cinq ans :

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4 responses to “En mai 2018”

  1. edelweiss says :

    Bonjour Anne,

    Ah les examens, un sujet chaud en ce moment. Ici c’est le mois dans lequel les lycéens passent le bac. Dans une région de l’Espagne, la semaine dernière plus de 3.000 élèves ont passé les épreuves (pendant 3 jours) et ils vont devoir les passer à nouveau la prochaine semaine parce qu’on a découvert que les examens avaient été piratés (donc certains élèves avaient les questions à l’avance…). Ma fille va passer les épreuves à partir de mardi et j’espère que tout va bien se dérouler. On doit avoir une bonne note pour intégrer certaines Universités publiques qui ont plus de demande d’élèves que places disponibles, d’où le stress et la tentation de triche, parce que ce sont trois jours qui vont déterminer l’avenir de tous ces lycéens.

    Heureusement qu’on a les livres pour se détendre! Cela me rappelle une boîte en bois que j’ai trouvée dans le parc thermal pendant mes vacances à Bagnères-de-Bigorre. Il y avait des livres à emprunter librement, mon bonheur! J’ai pris un roman, je l’ai lu avant de finir les vacances et je l’ai laissé dans la maison d’hôtes où on était logés, dans un autre village des Pyrénées. Le livre a voyagé et d’autres gens pourront le lire: la lecture et le partage font belle la vie!

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  2. Anne says :

    Bonjour Edelweiss,
    J’espère que tout se passe bien pour ta fille ! Y a-t’il beaucoup d’épreuves ? Et ensuite, il faut attendre les résultats. En France, le bac commence lundi. Je me souviens aussi du stress en tant que parents ! Courage à toi et à ta fille !
    A bientôt. Merci pour ton message. C’est toujours un plaisir de te lire ! ☺

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  3. Carmina M says :

    Bonjour Anne. Petite précision et je suis désolée si cela risque d’être vexant. Vous avez utilisé le mot « fond » pour évoquer les ressources de la bibliothèque de ville. Il faut bien faire la distinction entre « fond », qui désigne la partie la plus basse d’une chose et le fonds, qui, lui, est utilisé pour désigner un capital, une ressource, etc. Je m’entraine beaucoup sur votre blog, pour mes dictées et tout, c’est pourquoi je me permets de vous faire cette remarque, car … je vous aime bien. 🙂 Bonnes vacances !

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  4. Anne says :

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce commentaire. Pas de problème du tout ! Au contraire, c’est bien de me signaler des oublis, des erreurs. Je n’ai pas relu avec assez d’attention car c’était un peu long et je voulais poster ce nouveau billet rapidement. Bien sûr, il faut un « s » dans ce cas car cela vient du mot latin: fundus, fundi. C’est comme ça que j’ai su son orthographe quand j’étais ado car j’ai fait « anglais – allemand – latin » au lycée !
    Et en vieux français, le « s » est resté pour ces significations mais pas pour l’autre sens de fond alors que ces mots ont la même origine et que l’orthographe a varié selon les époques. Voilà, c’est donc rectifié dans ma transcription ! Merci à vous et à bientôt, en espérant que je vais continuer à vous apporter l’aide que vous me dites trouver sur mon blog ! Cela me fait plaisir de savoir que cela vous rend service. 🙂
    Anne

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